5 janvier 2018

DES POIS ET DES MESURES

UN ENTHOUSIASMANT HÉROS DU TOUR RÉCOMPENSÉ

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Le 4 décembre 2017, nous avons eu le plaisir d’être invités à la soirée annuelle de la singulière association Des vélos et des Hommes. Du beau monde était là rassemblé sur le mode du plaisir et de la convivialité : des voix célèbres du Tour de France (Daniel Pautrat), des fines plumes de la chose cycliste (Paul Fournel, Olivier Haralambon), des gens de théâtre (Clémentine Lebocey, Marc Fayet), et bien sûr, des acteurs de la plus grande épreuve cycliste mondiale, en la personne des représentants de l’équipe Fortuneo Oscaro, manager et directeur sportif en tête, sans oublier l’homme de la soirée : Warren Barguil.

Il s’agissait en effet de la remise annuelle du trophée «Des vélos et des hommes», une association de spectateurs assidus et d’observateurs passionnés du cyclisme, soucieux de mettre en avant les qualités de l’homme au même titre que celles du champion. Et, en 2017, celui qui sur le Tour a fait vibrer les foules en ce jour de juillet, méritait d’être honoré pour sa vista et son panache.

Marc Fayet lui rendit hommage en ces termes :

Il y a bien longtemps qu’on attendait sa venue, bien longtemps qu’on pressentait son talent et qu’on annonçait ses exploits. Mais alors que les caméras étaient fixées sur son nez, que la forêt de micros lui grattait le menton, comme si tous attendaient l’oracle et le miracle, voici que le jeune homme tardait à se révéler, comme s’il s’en empêchait, comme s’il se retenait alors qu’il avait déjà tout pour lui : Un sourire franc, un visage lisse et avenant, un regard droit, une parole libre et une longue silhouette parfaitement affûtée. Il avait tout du champion, ne manquait que l’essentiel, la grande victoire. Et tout le monde d’attendre en souriant, mais pas lui, tout le monde de s’interroger, de douter, mais pas lui, tous de réfléchir, de cogiter, de s’écarter, de se désintéresser, mais pas lui. «Tout vient à pois qui sait attendre» comme dit le proverbe montagnard et pour s’y préparer voilà que le jeune homme décidait en Espagne de s’exposer sans exploser, l’emportant par deux fois, ce qui était déjà beaucoup et surtout bien assez car ce n’était qu’une introduction, une manière de poser les premières pierres de l’édifice qu’il voulait construire sans se précipiter. Convaincu, alors qu’il disposait des principaux outils indispensables à son avènement, il décida durant 4 longues années à s’appliquer de tracer les plans de son premier chef d’œuvre à venir. Tandis que d’aucuns interprétèrent ce retrait comme une promesse déçue, un talent surestimé, lui, projetait dans son esprit et dans ses jambes les  prouesses prochaines. C’est durant cette gestation bouillonnante qu’il subit malgré lui la douleur de la fatalité dans cette même Espagne où il s’était révélé. La faute à une conduite anglaise dont il se méfiait déjà car il sait qu’un sky trop bleu peut cacher de noires tentations et de sombres intentions. Alimentant alors un sursaut de revanche contre le mauvais sort, voici qu’il trouvait les dernières ressources qui allaient lui permettre de l’écrire enfin ce morceau d’histoire dans le plus grand monument cycliste au monde. C’est ce qu’il fit sans se faire prier, comme si son heure avait sonné, mais l’heure glorieuse, l’heure du rendez-vous que certains n’attendaient plus, mais pas lui. «On ne gagne pas à Foix si on n’a pas la foi» dit le proverbe Ariégeois «On ne gagne pas l’Izoard par hasard» prolonge le proverbe Alpin et comme un hommage à Louison Bobet, qui par trois fois franchit en tête le sommet de ce même col, voici que Warren entrait comme il le désirait dans le panthéon des plus grands Bretons et des plus grands Français puisqu’il revendique avoir les deux nationalités.

Image : 22 Juillet 1953 - Fausto Coppi, en spectateur, capture l'assension magique de Louison Bobet vers le sommet de L'Izoard, en route vers sa victoire du Tour.

Fier de cette double appartenance il faut que nous concédions une garde alternée, c’est pourquoi il sera Breton de janvier à Juin et d’Août à Décembre, mais au mois de Juillet il sera Français permettant aux millions d’admirateurs, dont nous ne sommes qu’un échantillon modeste, de pouvoir durant trois semaines recouvrir, comme des cousins d’Armorique, les branches solides de son arbre généalogique Morbihannais. Cet arbre qui cache une forêt d’ambitions, des montagnes de déterminations, des sommets de passion.

Ce genre de moment frissonnant qui porte les valeurs du vélo là ou on les aime : le plaisir, la convivialité et le panache.

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Association et club de loisirs à Boulogne-Billancourt, France

Trophée 2017 : Warren Barguil

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