26 septembre 2017

La Course Arc-en-Ciel

À Julian Alaphilippe

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Nous sommes à Paris, il est 16 h en ce dimanche 24 septembre et nous sommes comme un grand nombre d’entre vous fixés devant notre écran à regarder la course Elite des Championnats du monde de Cyclisme sur Route 2017. Parce que nous sommes passionnés et que nous attendons depuis 20 ans un nouveau sacre français, nous nous interrogeons sur les chances de notre favori sur ce tracé qui a pour particularité l’ascension de «Salmon Hill» (6,4% de moyenne sur 1,5 km), une difficulté susceptible d’opérer la sélection finale.

C’est le dernier tour, le peloton est encore particulièrement fourni, rien n’est décanté… Et puis vient l'étincelle, le sursaut et l'attaque sèche du puncheur français, Julian Alaphilippe. Dans la «colline aux saumons», il s’échappe tout en force. En tête à 10 km de l’arrivée, le Français nous fait rêver au retour du titre mondial. 20 ans après Laurent Brochard. Plus de 63 ans après Louison Bobet à Solingen, la même envolée, le même panache… Et puis, le trou noir. Un bug télévisuel qui fige ce moment formidable où Alaphilippe compte 10 secondes d'avance à 3 km de l'arrivée… Plus aucune image du direct ! Chauffés par des commentateurs TV en fusion, nous attendons en plan fixe à la flamme rouge, caméras pointées vers la tête de la course, dans l’espoir de voir surgir la silhouette de l’homme en bleu… A ce moment, tout le monde aime à croire à la victoire. L’excitation est là, à son comble. 

Et puis, c’est la désillusion. Lessivé par son effort supersonique après 260 km de course, Julian vient d’être repris et avalé tout cru par un peloton de derniers costauds. La victoire se décide au sprint. Sagan, impressionnant, l’emporte d’une demi-roue. Julian y joue des coudes avec ce qui lui reste d’énergie : il finit «quand même» 10e de cette course où il a tout donné. 

Ce dimanche, nous avons vibré vélo chez Louison Bobet, nous avons rêvé vélo, «encore». Nous y avons cru, tout comme toi Julian. Nous retiendrons ce coup d’éclat sur le Sollien face aux meilleurs de la discipline. Cette tentative sans réserve dans l’objectif de gagner. Quitte à ce que la dramaturgie de la course réserve une issue cruelle. Le panache tient à ces moments de grandeur, notre passion pour le vélo s’en nourrit.

Bravo Julian et vive le vélo.

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