10 juin 2015

Sous la protection de Notre-Dame

LES CYCLISTES FRANÇAIS VOUENT UN CULTE À LA BIENFAITRICE CÉLÉBRÉE DANS UNE CHAPELLE SITUÉE À LABASTIDE D’ARMAGNAC

Un esprit accompagne le peloton, protégeant les coureurs de l’adversité et hissant les valeureux au sommet. Certains coureurs, parmi les plus fervents, se précipitent ainsi dans des lieux de culte pour solliciter son aide. La chapelle Notre-Dame-des-Cyclistes, située à Labastide d’Armagnac, est le point de ralliement français des coureurs qui peuvent se recueillir dans un lieu surprenant décoré de maillots, de vélos et de témoignages offerts par les plus grands noms.

Certains champions cyclistes trouvent dans la religion la force d’affronter les éléments, les reliefs et les défaillances. Dans les années 40, Gino Bartali, surnommé «Gino le Pieux», comptait parmi les pratiquants qui se pressaient à la messe les jours de course. Dans les années 60, Felice Gimondi portait à la cheville une cordelette qu’il avait trempé dans l’eau bénite. Et plus récemment, le fantasque Mario Cipollini avait soudainement voué un culte au Padre Pio canonisé en 2002 sous le nom de Saint-Pio de Pietrelcina. Le lien entre le milieu cycliste et la religion est tellement fort en Italie que le peloton a régulièrement bénéficié de bénédictions papales et que le grand départ du Tour d’Italie a même été donné au Vatican en 2000.

Il n’est donc pas étonnant de trouver en Lombardie le lieu de culte cycliste le plus couru au monde. La chapelle de la Madonna del Ghisallo culmine à 754 mètres d’altitude dans le village de Magreglio, au-dessus du lac de Côme. Une lettre envoyée au pape Pie XII par Fausto Coppi, Gino Bartali et des dizaines de cyclistes italiens en mai 1948 est à l’origine de la désignation de la Madonna comme patronne des cyclistes. Des dizaines de milliers de passionnés accourent chaque année pour prier la sainte protectrice dans un décor chargé de vélos et de maillots, se recueillir devant les bustes érigés en hommage à Coppi, Bartali et Binda, et admirer l’imposant monument de bronze célébrant la course cycliste en ces termes «Et Dieu créa la bicyclette pour que l’homme en fasse un instrument d’effort et d’exaltation sur le chemin difficile de la vie.»

En France, Notre-Dame-des-Cyclistes entoure le peloton de ses attentions. Située à la sortie d’un village des Landes, cette chapelle est, à l’instar de la Madonna del Ghisallo, un lieu de pèlerinage mais également un musée dédié à la passion cycliste. Luis Ocaña, dont le mariage et les obsèques ont été célébrés dans l’église, ou Henry Anglade, auteur des vitraux de la chapelle, sont célébrés particulièrement. Et Louison Bobet compte également parmi les champions qui reçoivent les honneurs des lieux, un maillot du champion trônant au milieu de la formidable collection exposée.

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